Éditions Téci

Travail natif, suivre la flèche…


Langue en friche

De ce palais létal essaimant son cœur de crabe, sa carcasse de crabe, tout ce qui vous, me, leur, nous, te, lui manque du crabe, son quotidien, un peu de l’ombre du crabe, un soupçon de ses gestes obscurs et lumineux, ses proliférations. Ma langue est un cancer, évidemment elle me ronge de ce dehors qui est un dedans. Elle mère m’a légué une langue de pute, alors je m’en sers. Et l’enserrant me mets à lit, haine de la gangue alimentaire. Effet retour au trou : « mon », « ma » de trop sont « ton » « ta » de mots ! Elle est ma langue, un lambeau bêlant. Gangue un loup la dévorant, avec la projection de l’ombre en ce dehors dedans. (Du show sur le podium de l’éditeur de texte, un crabe de mots à jamais renfrogné.) À dire au fond poussant vers la pointe arrachée, pissant le sens des trous la modifiant, si je m’en sers elle m’utilise. Ayant l’écran bâfré, ne laissant plus d’emplir ce trou de langue incombé. Paquet de pâtes alimentaire en faisceau de toi, une façon de tutu rigide et mou qui me traverse aussitôt dit du dehors qui est un dedans. Ce toi redoublé qui danse entre ma langue et mon palais. Remplacer « ma » et « mon » possessifs par « ta », « ton » et relire – en braille – en hurlant. Enfin discontinuant dans cette veine, il convient de papilles augurant saveur. La sauver pourquoi ? Mon palais est un crabe, il sent la madre de alquiler de mots écumeux dans l’appât choir.


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